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Derrière la façade médiévale de cet immeuble du numéro 9, de la rue Saint Thibault, se cache un décor digne d’une cour des miracles ou d’une sorte de no man’s land, en plein Provins historique. C’est dans ce lieu indigne que survivent Florence Lambollé, quinquagénaire handicapée, et son fils, demandeur d’emploi.

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Derrière le portail, un porche donne accès sur une cour parsemée de détritus. Des portes s’ouvrent sur des escaliers en piteux état, conduisant à des logements dont la restauration est demeurée inachevée, donnant au lieu un air aspect d’abandon.

C’est dans ce décor, qui ne fut sans doute pas toujours aussi sinistre, que tente de survivre Florence. Le petit F2 dans laquelle elle a été relogée provisoirement, par l’un des propriétaires successifs, pour cause de réfection de son F4 qu’elle occupait quelques étages plus haut, prolonge la description extérieure.

Situé au rez-de-chaussée en fond de cour, la porte est doublée d’un vitrage de fortune en matière plastique, l’un des carreaux est rafistolé avec un morceau de placoplâtre. Les murs sont richement ornementés par  les arabesques que dessinent les moisissures. Les encadrements des fenêtres sont pourris. Une porte coulissante de garage, installée par Florence, sépare cette glauque salle de séjour de la chambre de son fils, tout  aussi glauque.

Les installations électriques ne sont pas aux normes. L’humidité règne en maître et détériore rapidement le mobilier et les appareils électriques.

Une situation qui a dégénéré

Florence a vécu avec ses parents dans cet immeuble dès l’âge de 7 ans. Le 28 mai 1993, elle signe un bail pour un F4 du dernier étage de l’immeuble,  qu’elle occupera jusqu’au 14 juin 2014.

A cette date, prétextant des travaux de rénovation de cette partie de l’immeuble , le bailleur de l’époque la transfère provisoirement dans son actuel F2 insalubre. Depuis les travaux entrepris n’ont jamais été achevés, les bailleurs se sont succédé à la suite de reventes des lieux. D’autres locataires ont été expulsés en période hivernale et la situation se dégrade lentement et sûrement.

Une situation devenue inextricable

Handicapée, Florence vit avec son AAH. Bénéficiaire de l’APL pour son F4, le cabinet de gestion de biens, chargé de la percevoir pour le compte du bailleur, l’a encaissée jusqu’en mars 2016. Depuis cette date, Florence n’a plus de bail. Elle ne paie plus de loyer à un bailleur dont elle ne connaît pas l’identité et qui ne lui adresse aucun courrier, ce qui a pour conséquence de ne pas lui permettre d’assurer son logement et ses quelques biens.

Constat d’insalubrité nécessaire pour entamer un recours en justice

Une requête déposée en justice, par l’intermédiaire de Me Sarah Desbois, pour obtenir un constat d’insalubrité a été déposée le 17 juin 2016. Ce constat permettrait à Florence d’ouvrir une procédure et de se faire indemniser pour les préjudices physiques et moraux, subis depuis le 14 juin 2014.

Raccordements aux réseaux d’eau et d’électricité

Son raccordement au réseau électrique est effectué à l’aide d’une déviation, repiquée sur son compteur d’origine, celui desservant son F4. La vanne de contrôle d’alimentation d’eau, se situe chez un voisin.

Relance

Une dernière relance pour obtenir un constat d’insalubrité, a été effectuée le 23 janvier dernier, toujours sans réponse.

Pourquoi rester dans ce logement insalubre ?

Interrogée sur la raison qui la motive à rester dans les lieux, Florence répond : « J’ai peur de partir de là et de tout perdre. » Fataliste, elle finit par se résigner et s’installer dans ce provisoire insalubre, devenu durable.

La Presse s’en est fait l’écho

Elle a tenté à plusieurs reprises de faire écho de sa situation à travers la Presse. Notamment avec 2 articles, parus dans le journal « La RÉPUBLIQUE de Seine-et-Marne » des lundis 4 mai 2015  et 27 juin 2016, mais toujours sans résultats. Si les journalistes ont le pouvoir d’alerter l’opinion, leur rôle ne va pas au-delà, c’est la Justice qui doit trancher.

L’avis d’Olivier Lavenka, Maire de Provins

Contacté, Olivier Lavenka répond : « C’est un dossier que l’on connaît bien, avec une succession de propriétaires défaillants et malhonnêtes. Je suis évidemment prêt à recevoir cette personne à nouveau, pour l’aider ou à me rendre sur place avec tous les services concernés. »

 

 

 

Informations complémentaires

VILLE HAUTE
9, rue Saint-Thibault
77160 Provins

Localisation du projet 'Vivre dans la routine de l’insalubrité pour une habitante de Provins'

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