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Fouilles récentes dans un cimetière gallo-romain à Montigny-Lencoup (Seine-et-Marne)

Brunet de Presle rend compte de fouilles récentes, auxquelles il a assisté dans un cimetière gallo-romain, à Montigny-Lencoup.

Il présente à l’Académie, divers objets tels que colliers, bracelets et anneaux de bronze, ainsi qu’un glaive de fer avec son fourreau du même métal, premiers produits de ces fouilles qui se poursuivent.

« La commune de Montigny-Lencoup (canton de Donnemarie, arrondissement de Provins), était jadis presque entièrement boisée. Au centre, se dressait un château féodal. Celui-ci fut reconstruit au XVIIIe siècle par Monsieur de Trudaine, intendant des bâtiments du Roi. Après la mort de son dernier propriétaire, le Duc de Stakpoole, il a été démoli et une partie des bois a été morcelée et défrichée.

Le lieu où les sépultures dont je m’occupe ont été découvertes, se situe à quelques centaines de mètres de la route de Donnemarie à Montereau, sur une pente crayeuse , dominée par une forêt de sapins. Sur les anciens terriers, les climats voisins portent les noms de chenaux, des fourches patibulaires et de la pierre qui branle. Ceci en raison d’un ancien dolmen détruit, il y a peu d’années, par les carriers.

Les fourches patibulaires, dont un champ a conservé la dénomination, marquaient la justice placée aux confins du fief de Montigny et des terres de l’abbaye de Preuilly, fondée au XIIe siècle, et dont on aperçoit plus bas l’église en ruines, mais encore grandiose, au milieu des étangs. Plus loin, on distingue la vallée de la Seine, la tour de Vimpelles et l’emplacement du fort d’Heurtebise, où l’on a trouvé des haches celtiques et d’anciennes sépultures.

C’est sur ce point d’un aspect assez pittoresque qu’un propriétaire, voulant mettre en culture ce sol ingrat, a rencontré sous sa pioche quelques pierres, puis des ossements au-dessous, ainsi que des colliers et des anneaux de bronze.

Monsieur Delettre, ancien Maire de Donnemarie, auteur d’une histoire du canton du Montois, a rendu compte dans le journal de Provins, de ces premières découvertes et attiré l’attention de notre société archéologique de Seine-et-Marne et de son président, Monsieur Maury.

Etant propriétaire dans le voisinage, je me suis empressé de de répondre à cet appel, et j’ai fait poursuivre pour mon compte, les excavations commencées, avec le concours du géomètre du pays, sur les indications de Monsieur Delettre et avec le consentement du propriétaire du site.

Mardi dernier, nous avons trouvé trois nouvelles tombes, à peu de distances des premières, mais diversement orientées. Elles étaient creusées dans la craie, à deux fers de bêche de profondeur, et recouvertes partiellement de quelques pierres brutes de faible dimension. Dans une de ces tombes, un squelette privé de son crâne était parfaitement conservé ; une épée de fer, de la forme habituelle des épées romaines, était placée le long de la cuisse droite. Il y avait aussi une fibule de fer, mais aucun objet de bronze. Aux pieds de ce guerrier, mais en sens inverse, gisaient les ossements d’un jeune homme.

Dans un rayon très proche, nous avons encore recueilli un collier, orné d’une sorte de trèfle à jour, et une paire de bracelets brisés. Un autre collier est torsadé, un troisième se termine par un double renflement, un quatrième dont il me manque une portion, est plus mince, de forme aplatie et orné de stries assez élégantes. I l y a encore deux petits anneaux de 4 centimètres de diamètre, fermés dont je ne devine pas l’usage.

Si j’ai décrit ces objets qui n’offrent rien de bien nouveau, c’est pour mettre les personnes intéressées par ce type de recherches, à même de m’adresser quelques questions sur la disposition de ces sépultures que j’ai vu ouvrir. C’est également et surtout, pour obtenir des directives sur la poursuite de ces fouilles. L’aspect de ces lieux, le nom des climats, le voisinage d’une pierre branlante et les souvenirs des habitants qui frelatent des découvertes antérieures, me laissent supposer que le sous-sol est riche d’autres tombes.

Leurs mises à jour, apporteraient sans doute des informations, permettant de les dater avec précision. Jusqu’à présent nous n’avons trouvé ni médailles, ni fragments de vases. »

Suppositions à vérifier (émise en 1868) :

« L’absence d’orientation, le peu de profondeur des tombes, pourraient laisser déduire une inhumation précipitée, à l’issue d’un combat. Faudrait-il remonter à l’époque des premières luttes entre peuplades gauloises et troupes romaines, ou s’en tenir aux invasions des Francs après la chute de l’Empire ? Je ne peux que poser ces questions, auxquelles répondront certainement, des savants plus compétents. »

NDLR

De nombreux objets provenant de fouilles, sont exposés dans le petit musée, situé au premier étage de la Mairie de Montigny-Lencoup.

A chaque Climat son nom

Aux origines des noms de Climats

Les Climats portent souvent des noms mystérieux. Les déchiffrer, c’est comprendre l’histoire de chaque parcelle. Comme une personne, chaque Climat a son « identité » et son nom. Ces noms remontent pour nombre d’entre eux au Moyen-Âge. Ils expriment l’origine, l’histoire, les caractéristiques du lieu, le sol, l’exposition de chaque Climat. Ainsi, « Romanée » exprime la proximité de la parcelle à une ancienne voie romaine, « les cras » la composition d’un sol pierreux, ou « Montrachet » l’absence de végétation en sommet de colline. 

Terrier : Le nom vient bien sûr de terre, mais il est difficile de savoir ce qu’il désigne au juste : une butte sans doute (toponyme), mais peut-être aussi le tenancier d’une terre.

 

Informations complémentaires

Liens utiles

MONTIGNY-LENCOUP

77520 Montigny-Lencoup

Localisation du projet 'Fouilles dans un cimetière Gallo-Romain de Montigny-Lencoup, compte-rendu archéologique de 1868'

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