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Les enseignants du collège du Montois, lieu d’ordinaire si calme, se mobilisaient avec leurs collègues de l’école élémentaire de Donnemarie-Dontilly, contre la retraite à points, ce jeudi 16 janvier.

« Des ronds pas des points »

Tel était le slogan que les professeur(e)s affichaient sur les grilles du collège, pour exprimer leur désaccord contre la retraite à points, proposée par le Gouvernement actuel. Samy Bouseksou, professeur, se faisait le porte-parole de ses collègues, dans les termes suivants :

« La grève continue ! Même au collège du Montois !

Le collège du Montois est un établissement « calme », dans toute l’acception du terme : élèves polis, globalement attentifs et suffisamment travailleurs, pour obtenir des résultats exemplaires au DNB (Diplôme National du Brevet) à chaque session, parmi les meilleurs du département, pour un établissement public. Du côté des profs, le tableau est tout aussi idyllique : une équipe stable depuis des années, dynamique et volontaire et des jeunes professeurs qui entrent par petit nombre chaque année et s’installent toujours pour longtemps, à croire que l’on s’y plaît bien dans ce collège. Même la Principale actuelle y est heureuse et ceux qui l’ont précédée, gardent toujours un bon souvenir du Montois.

Dans un tel climat, il faut bien admettre que les appels à la grève pour différentes causes (réformes du collège, du bac)sont restées sans échos ou presque. Mais quand le rapport Delevoye a été présenté, la « belle endormie » du Montois a frémi. Bon nombre de professeurs de ce collège rural oublié de tous, du moins des instances les plus lointaines de l’Académie de Créteil, ont réagi d’un bon.

A chaque ministre de l’Education Nationale son lot de réformes, débattues en salle des profs, souvent critiquées, rarement approuvées et finalement toujours mises en place, malgré les difficultés d’applications et le manque de considérations pour le travail effectué. En bref, disons qu’au Montois il y a des fonctionnaires et ils fonctionnent !

Mais à présent, la coupe est pleine ! 

30% de de pension de retraite en moins ! Qui accepterait ?

Quand on intègre l’Education Nationale, on sait que ce n’est pas pour atteindre un but lucratif. Au Montois c’est flagrant, les professeurs acceptent assez facilement d’effectuer des heures supplémentaires, et sont même volontaires.

Alors, pour un collège qui n’est pas habitué aux grandes luttes sociales de ces dernières années, dans lequel les professeurs sont hésitants à perdre des journées de salaires, pour une lute qu’ils savent perdue d’avance, pour ne pas dire tout le temps (et on peut le vérifier depuis 20 ans), des professeurs du Montois ont débrayé. Evidemment le 5 décembre, puis le 10 et le 17. A chaque journée de grève, certains d’entre nous ont rejoint les cortèges de Sens ou de Troyes, d’autres, ceux de Paris. Puis maintenant le ç janvier et maintenant, le 16. 

Le mouvement ne s’essouffle pas, malgré la terrible fin de mois qui sera difficilement supportable, pour ces « inhabitués » de la grève. C’est même un mouvement qui qui prend de l’ampleur, non du fait de l’augmentation du nombre de grévistes qui demeure stable, à contrario des chiffres nationaux qui le révise à la baisse, mais par les actions mises en place.

Aujourd’hui, jeudi 16 janvier, un piquet de grève est installé sur le parking donnant accès au collège ! Est-ce déjà arrivé au Montois ? En tout cas, pas depuis des décennies. C’est un signe çà, non ?

L’âge pivot apparaît comme un souci de second ordre, à côté de ce que promet Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education Nationale :

10 milliards d’Euros sur 15 ans, pour combler les pertes des professeurs résultant de la retraite à points, censée être plus juste. Le ministre a-t-il remarqué que parmi les professeur(e)s qu’il avait recrutés, il y avait des profs de maths, et pas des mauvais ?! 

Le compte n’y est donc pas, contrairement à ce que prétend le ministre. D’ailleurs il ne prétend rien, puisqu’il prévoit des négociations sur les réévaluations de salaires, pendant 6 mois. Celles-ci ne seront d’ailleurs pas gratuites, elles seront accordées en échange de contreparties . . . « 

Piquet de grève

Comme le précise Samy Bouseksou, dans le but d’informer les parents d’élèves de leur prise de position face à la réforme des retraites, et notamment de la transformation de la retraite par répartition en retraite à points, d’où le slogan « DES RONDS, PAS DES POINTS ! », les professeur(e)s en grève et les sympathisant(e)s qui les avaient rejoints, leur distribuaient des tracts à cette fin.

Une situation parfaitement comprise et acceptée par les parents d’élèves rencontrés.

Informations complémentaires

COLLÈGE DU MONTOIS
34, route de Provins
77520 Donnemarie-Dontilly

Localisation du projet 'RETRAITE A POINTS = MOBILISATION AU COLLÈGE DU MONTOIS'

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