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Béatrice Camurat Jaud, cinéaste documentariste proposait sa vision d‘une ville du Nord, confrontée à une conjugaison de crises, avec la projection de son film « Grand Synthe », dimanche 21 octobre, dans la salle d’Art et d’Essai de Mons-en-Montois.

Au carrefour des crises

Grande Synthe est une agglomération située entre les 6 réacteurs nucléaires de Gravelines et l’usine sidérurgique du groupe ArcelorMittal de Dunkerke, dans le Département du Nord (59). Une ville de 24 000 habitants qui se trouve confrontée au défi de plusieurs crises : le chômage, à hauteur de 45% de sa population ; la pollution ; les flux de migrants.

La détermination d’un Maire

Face à cette situation, Damien Carême, Maire de Grande-Synthe, a décidé de retrousser ses manches et de coordonner les actions associatives. Interviewé par la réalisatrice, il explique : « Les flux migratoires sont une réalité incontournable et suivent une croissance exponentielle. Pour le moment nous sommes confrontés aux migrations provoquées par les conflits et la misère, nous devrons bientôt compter avec celles dues au réchauffement climatique et ses conséquences économiques. »

Son portrait (citation du site Wikipédia)

Originaire de Lorraine, sa famille s’installe à Grande-Synthe en 1968. Son père, René, engagé dans le milieu syndical, est élu maire de la commune en 1971 et conserve ce mandat jusqu’en 1992.

Damien Carême travaille d’abord comme animateur socioculturel, notamment avec des handicapés moteurs, puis informaticien. En 2001, il est élu maire de Grande-Synthe à son tour, sous l’étiquette socialiste. Réélu en 2008 et en 2014, il mène une politique sociale et écologique ambitieuse : gestion différenciée et raisonnée des espaces verts, introduction de l’éco-pâturage, création de jardins partagés, d’une université populaire, passage au 100 % bio dans les cantines, construction de logements sociaux économes en énergie. Ces actions valent à la ville d’être désignée « Capitale de la biodiversité » en 2010.

Élu aux élections régionales de 2004 et réélu en 2010, il siège comme conseiller régional jusqu’en 2015, d’abord avec le groupe d’Union de la gauche, puis avec les écologistes. Il est également vice-président de la Communauté urbaine de Dunkerque, chargé de la transformation écologique et sociale, de l’environnement et des transports. Fin 2014, après les élections municipales, il quitte le Parti socialiste et adhère à Europe Écologie Les Verts (EELV) début 2015.

En 2015-2016, la ville de Grande-Synthe est confrontée à l’arrivée de milliers de réfugiés, principalement originaires du Kurdistan irakien. En collaboration avec Médecins sans frontières, Damien Carême décide de gérer cet afflux, en faisant construire un camp humanitaire,  doté de sanitaires et de locaux, permettant aux associations d’aider les réfugiés, malgré l’absence de financement de la part de l’État. Cette position, qui tranche avec celle d’autres maires de la région, lui vaut l’admiration et le respect du monde politique et associatif.

En 2014, il succède à Renaud Gauquelin à la présidence de l’association des maires Ville & Banlieue de France (AMVBF). En 2016, il est finaliste du concours de « meilleur maire du monde », un titre honorifique décerné par la City Mayors Fondation.

Au printemps 2017, il interpelle le gouvernement sur la gestion des réfugiés en exigeant que celui-ci prenne ses responsabilités.

Lors de l’élection présidentielle de 2017, il soutient Benoît Hamon. Il se réclame de la social-écologie.

Grande-Synthe et son camp de réfugiés (source Wikipédia) :

Depuis le début des années 2000 des migrants tentent de passer vers l’Angleterre à partir de Dunkerque. Ils s’abritent dans des campements de fortune, notamment dans la commune de Grande-Synthe.

En 2005, un campement informel s’est établi dans le quartier du Basroch de la commune de Grande-Synthe, à proximité de l’autoroute par laquelle s’effectuaient des tentatives de passage (notamment en passager clandestin) vers la Grande-Bretagne. Le campement regroupait des personnes principalement Kurdes originaires d’Irak, ainsi que d’autres nationalités (Iraniens, Syriens…). Dans le contexte d’une aggravation des conflits au Moyen-Orient, et d’une augmentation importante du nombre de réfugiés en Europe, la population de ce campement est passée de 80 personnes au printemps 2015 à près de 3 000 à l’hiver 2015. Le campement comptait de nombreuses familles, y compris de jeunes enfants et femmes enceintes. Situé sur une zone inondable, le campement était particulièrement boueux et insalubre. L’aide était assurée exclusivement par le secteur associatif. La CNCDH (commission nationale consultative des droits de l’homme), indique dans un avis du 7 juin 2016:

« En janvier 2016, près de 3 000 personnes vivaient dans une totale promiscuité sur le terrain du Basroch, dans des conditions épouvantables, sous des abris de fortune dangereux et insalubres (bâches, tentes et cabanes précaires), dans un état de détresse et de dénuement total. L’aide aux migrants était exclusivement apportée par le secteur associatif (Secours Catholique, MSF, Salam, Terre d’errance, Emmaüs, etc.) et par de nombreux bénévoles britanniques qui travaillaient dans des conditions matérielles , extrêmement rudes en étant contraint de gérer la pénurie ».

Ce campement du Basroch a été détruit après le transfert des habitants dans le camp humanitaire de La Linière, en mars 2016. Un écoquartier doit être construit sur le site.

Camp humanitaire de la Linière (mars 2016)

Avec l’arrivée de l’hiver, le maire de la commune, Damien Carême, a souhaité la création d’un camp humanitaire pour mettre à l’abri ces personnes. Il a sollicité l’ONG Médecins Sans Frontières qui a accepté de construire un camp humanitaire, sur un terrain appartenant à la commune, dit « La Linière ».

Ce camp se situe à 1,5 km de l’ancienne jungle ; il est constitué de cabanons en bois de 8 à 10 m2, chacun, destinés à recevoir 4 personnes.

Le camp a été édifié pour un coût de 3,5 millions d’euros, dont une majorité sur fonds propres par l’ONG Médecins sans frontières (2,6 millions d’euros), le restant étant apporté par la ville de Grande-Synthe et la communauté d’agglomération de Dunkerque (900 000 euros).La gestion du quotidien était initialement assurée par les associations, coordonnées par Utopia56, association composée uniquement de bénévoles.

Il est équipé de sanitaires, de cuisines collectives, d’espaces de sociabilité. Les soins médicaux sont assurés par Médecins du Monde, Médecins Sans Frontières, Gynécologie sans Frontières et la Croix-Rouge. Les enfants sont scolarisés dans la commune de Grande-Synthe.

Depuis juin 2016, les frais de fonctionnement sont pris en charge par l’État qui mandate une association prestataire, l’AFEJI.

À l’automne 2016, le camp de La Linière comptait environ 1300 personnes. La mairie et l’État ont déclaré souhaiter sa fermeture progressive, ce qui a suscité l’indignation des associations et ONG.

Dans la nuit du 10 avril 2017 au 11 avril 2017, une rixe entre ethnies, éclate dans le camp et provoque un gigantesque incendie qui ravage la moitié du camp, composé de chalets en bois.

Ces citations du site Wikipédia, résument fidèlement ce qui est présenté dans le documentaire.

Un défi pour l’avenir

Cette situation résume à elle seule une partie importante, des défis de demain. Pour y faire face, certains feront le choix d’une cécité intellectuelle, d’autres essaieront de gérer au mieux cette réalité. Le limes romain (frontière protectrice de l’Empire), défendu par l’Empereur Marc-Aurèle en son temps, pour prévenir les invasions barbares, a fini par céder. La pression migratoire a toujours eu raison des obstacles naturels et humains, au cours de l’histoire de l’humanité.

 

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77520 Mons-en-Montois

Localisation du projet 'Grande-Synthe ou la conjugaison des crises – Cinémons de Mons-en-Montois'

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