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Trois associations locales, Les Amis de Lourps, Les Après-Midi de Saint-Loup et Encres Vives, proposaient de découvrir Violet Trefusis, personnage énigmatique, voire légendaire de Saint-Loup-de-Naud, par le biais d’une conférence organisée dans  la Ferme de la Haute-Maison, samedi 13 octobre .

Un parcours de vie atypique

Cécile Wajsbrot, écrivain et biographe de Violet et Jean Lebrun, historien et journaliste, retraçaient le parcours de vie de ce personnage qui vécut à Saint-Loup-de-Naud, à partir de 1923.

Cette femme énigmatique, écrivain et amie des Arts et des Lettres, défraya la chronique d’Outre-Manche, par ses amours non conventionnelles pour l’époque qui succédait à celle du long règne Victorien.

Trois femmes de lettres

Comme le précise la plaquette de présentation de la conférence :

Trois femmes de lettres, britanniques, jeunes, ont défrayé la chronique dans la haute société londonienne, par leurs amours saphiques : Virginia Woolf, Vita Sackville-West et Violet Trefusis. Si Vita a pu terminer sa vie relativement apaisée, Virginia Woolf se suicida et la rupture de Violet avec Vita, marqua le reste de sa vie, d’une tristesse inachevée.

Sang bleu

Violet Trefusis est née à Londres le 6 juin 1894. Alice Kepel, sa mère était la maîtresse préférée du roi Edouard VII. Violet se piquait parfois d’avoir « du sang bleu » bien que ne pouvant en aucun cas, prétendre être la fille du roi. Alice rencontra le Prince de Galles en 1898, après la naissance de sa fille.

Installation à Saint-Loup-de-Naud

Après sa rupture amoureuse, Violet reconstruit sa vie en France. Sa nouvelle amie et protectrice, la richissime princesse Winnaretta de Polignac (héritière des machines à coudre Singer), lui assure la rencontre du Tout-Paris artistique et culturel.

L’Ombrellino, résidence florentine

Elle va écrire des romans, s’apaiser, retrouver sa mère qui a acheté une propriété en Italie, à Florence, l’Ombrellino et voyager entre la France et l’Italie.

Liens avec le monde politique et littéraire

La Tour de Saint-Loup-de-Naud, devenue sa résidence, cadeau de la Princesse de Polignac, et l’Ombrellino, seront visités par le monde politique et littéraire. Parmi les visiteurs, on remarquera Sir Winston Churchill, Pierre Balmin, Karen Blixen et François Mitterand, entre autres.

Dernière rencontre avec François Mitterrand

La vie de Violet s’acheva à l’Ombrellino en 1972, à l’âge de 78 ans. François Mitterrand, peu de temps avant sa mort, lui rendit visite dans cette résidence. Très ému de cette ultime rencontre, il nota ses réflexions dans son journal (note du 2 mars 1972 dans son ouvrage « La Paille et le Grain ») :

« Dans la grande maison persistait la mémoire de passions singulières dont j’avais perçu les derniers cris. Je n’avais pas posé de questions à Violet, elle ne m’avait pas fait de confidences. Apparaissaient parfois à l’Ombrellino les témoins vieillis d’orages et de tourments qu’un demi-siècle n’avait pas tout à fait apaisés. Ainsi avait-on évoqué devant moi de façon discrète le rôle qu’elle avait joué dans la première société « permissive » qui, autour du groupe de Bloomsbury, s’était dégagée des rites victoriens. Les liasses de lettres échangées, une brève période, par Violet et Virginia Woolf et, leur vie durant par Violet et Vita Sackville-West fourniront sur cette époque un apport d’une exceptionnelle richesse ».

Violet un grand écrivain ?

Jean Lebrun fit cette remarque à Cécile Wajsbrot : « On ne peut pas dire que Violet fut un grand écrivain. » Certes non, ses écrits n’ont pas bouleversé le monde littéraire. Elle a surtout su s’entourer de célébrités et mener une vie atypique qui en fait plutôt un personnage de roman, comme celui de Virginia Woolf, dans « Orlando ». Ne se dévoilant jamais totalement, elle a entretenu une aura de mystère autour d’elle, la rendant énigmatique aux yeux des observateurs, compliquant quelque peu la rédaction d’une biographie fidèle.

Témoignages :

Nicole Deroo, dont le mari était le filleul de Violet, précisait : « Cette femme a surtout vécu un amour sincère. Elle est davantage un personnage de roman qu’un auteur. »

Madame Modolo qui fut son employée à la Tour de Saint-Loup, se souvenait : « Dans sa chambre était accroché le portrait du roi Edouard VII, elle le présentait comme son père. »

Conclusion

Les habitants de Saint-Loup-de-Naud auront ainsi découvert ce personnage dont la personnalité, parfois, s’apparente à celle d’un être mythique. Cette conférence aura eu le mérite de la démythifier, sans trop détruire le charme énigmatique qui en émane et contribue à sa célébrité.  Enfin, la visite des jardins de la Tour, guidée par Pierre-Marie Cuny, sonneur de cornemuse interprétant le célèbre hymne écossais « Flower of Scotland », fut un intermède de qualité très apprécié.

 

Informations complémentaires

Liens utiles

FERME DE LA HAUTE MAISON

77650 Saint-Loup-de-Naud

Localisation du projet 'Découverte de l’énigmatique Violet Trefusis, femme de lettres à Saint-Loup-de-Naud'

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